Acheter un bien immobilier en 2026, ce n’est pas la même opération qu’il y a trois ans. Les frais de notaire varient désormais d’un département à l’autre, le diagnostic de performance énergétique a changé de méthode de calcul, et les conditions d’octroi de crédit se durcissent à nouveau. Réussir un projet immobilier aujourd’hui demande de maîtriser ces nouvelles règles avant même de pousser la porte d’une agence.
Frais de notaire en 2026 : des écarts selon le département et le profil de l’acheteur
Vous pensiez que les frais de notaire étaient les mêmes partout en France ? Depuis la loi de finances pour 2025, les départements peuvent relever temporairement leur part des droits de mutation jusqu’à 5 % pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028.
Tous les départements n’ont pas activé ce levier. Avant de signer, il faut donc vérifier trois éléments : le département du bien, la date de signature et votre statut d’acheteur. Les primo-accédants qui achètent leur résidence principale bénéficient d’une exception prévue par le dispositif, ce qui peut représenter une économie notable.
En pratique, cela signifie qu’un même appartement peut coûter sensiblement plus cher à l’achat dans un département voisin, uniquement à cause de cette taxe. Comparer les annonces sur le site immobilier Maisonisor permet de croiser les offres de plusieurs zones géographiques et de repérer ces différences avant de s’engager.
DPE et logements électriques : une étiquette qui peut changer sans travaux

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) influence directement le prix d’un bien et sa capacité à être loué. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire a évolué. Conséquence directe : certains logements chauffés à l’électricité voient leur classement s’améliorer, sans qu’aucun travail de rénovation n’ait été réalisé.
Pourquoi ce détail compte-t-il autant ? Parce qu’un bien classé F ou G ne peut plus être mis en location dans certains cas. Si le nouveau calcul fait passer ce même bien en E, il redevient louable et sa valeur de revente remonte.
Une nouvelle modification du DPE est déjà prévue pour 2027, selon l’arrêté du 19 août 2026 publié au Journal officiel le 26 août 2026. Un acheteur avisé vérifie donc la date et la méthode de calcul figurant sur le diagnostic remis par le vendeur. Si le DPE a été réalisé avant janvier 2026, il repose sur l’ancien coefficient et ne reflète pas forcément la performance réelle du logement.
Ce qu’il faut vérifier sur un DPE avant d’acheter
- La date de réalisation du diagnostic : un DPE antérieur à janvier 2026 utilise l’ancien mode de calcul pour les logements électriques
- Le mode de chauffage du bien : seuls les logements chauffés à l’électricité sont concernés par le changement de coefficient
- La proximité d’un seuil de classement : un bien noté F avec un score proche de E pourrait basculer dans la catégorie supérieure avec le nouveau calcul
Demander un nouveau DPE au vendeur avant de négocier le prix est un levier concret, surtout si le diagnostic en place date de plusieurs années.
Crédit immobilier : ce qui change avec le décret de novembre 2026
Le décret n° 2026-719 impose une évaluation renforcée de la solvabilité des emprunteurs à partir du 20 novembre 2026. Les banques devront notamment consulter le fichier national des incidents de remboursement des crédits. Un incident ancien peut donc resurgir lors d’une demande de prêt, même si la situation financière actuelle est saine.
Avant de déposer un dossier, il est prudent de demander un relevé de ce fichier auprès de la Banque de France. Cette démarche est gratuite et permet d’identifier un éventuel blocage en amont.

Budget réel d’un achat : les postes que l’on sous-estime
Le prix affiché sur une annonce ne correspond jamais au coût total. Voici les postes souvent oubliés lors du calcul du budget :
- Les droits de mutation, qui varient selon le département (et potentiellement le statut de primo-accédant)
- Les frais de garantie du prêt (hypothèque ou caution), rarement intégrés dans les simulateurs rapides en ligne
- Le coût d’une éventuelle rénovation énergétique, à chiffrer avant l’achat si le DPE est médiocre
- Les charges de copropriété pour un appartement, consultables dans le pré-état daté remis avant la vente
Additionner ces postes avant de fixer sa fourchette de recherche évite de tomber amoureux d’un bien hors budget.
Valeur de revente : le critère que les acheteurs négligent au départ
Au moment de choisir un bien, la plupart des acheteurs raisonnent en fonction de leur situation actuelle. Taille du ménage, trajet domicile-travail, proximité des écoles. Ces critères sont légitimes, mais ils ne disent rien sur la facilité de revente dans cinq ou dix ans.
Un bien situé dans une zone bien desservie par les transports, avec un DPE correct et une copropriété saine, se revendra toujours plus facilement qu’un logement plus grand mais mal classé énergétiquement ou éloigné des commodités. Penser à la revente dès l’achat protège contre la moins-value.
L’évolution réglementaire renforce cette logique. Un logement classé G aujourd’hui sera de plus en plus difficile à vendre ou à louer dans les années qui viennent, sauf rénovation lourde. Intégrer le coût de cette rénovation dans le prix d’achat, ou négocier en conséquence, fait partie des réflexes à adopter.
Le marché immobilier de 2026 récompense les acheteurs qui vérifient les détails techniques avant de s’engager. Un DPE recalculé, des droits de mutation vérifiés département par département, un fichier de solvabilité consulté en amont : ces gestes simples pèsent autant que le choix du quartier ou la négociation du prix.



